La création visuelle traverse une période de mutation profonde. À Paris, cette évolution prendra forme du 8 au 11 octobre 2026 au cœur de la Grande Halle de la Villette. Après plus d’une décennie d’existence, l’historique Salon de la Photo fait peau neuve pour coller au plus près des pratiques actuelles, devenant officiellement le Salon Photo & Vidéo. Ce changement de cap répond à une réalité incontestable. Vlogs, courts-métrages et autres formats dynamiques se sont largement démocratisés au point de bouleverser nos processus créatifs. L’événement se veut radicalement inclusif. Vous pratiquez votre art armé d’un simple smartphone, d’un boîtier professionnel ou même d’un appareil jetable ? Les portes vous sont grandes ouvertes. Ce carrefour artistique rassemble agences, écoles, grandes marques et vendeurs dans une atmosphère bouillonnante. Au-delà des incontournables tests de matériel, le salon se transforme en un véritable espace d’apprentissage et de rencontres. Le public, qu’il soit amateur ou expert, pourra naviguer entre des conférences pointues, des ateliers pratiques, des remises de prix et des expositions artistiques. Le programme définitif reste encore confidentiel, mais les habitués scrutent déjà les annonces à venir sur des plateformes comme Sortiraparis.com.
Le design comme reflet de l’espace et du temps Pendant que Paris prépare cette effervescence autour de l’image, la Milan Design Week propose une approche étonnamment complémentaire, davantage ancrée dans la matérialité pure. L’installation immersive « Objects That Speak », orchestrée par Rosewood, agit comme un véritable contrepoids à la frénésie ambiante. En quittant l’agitation de la Via Carlo De Cristoforis pour pénétrer dans cet espace, le rythme accéléré typique de la foire milanaise ralentit instantanément. Une pause délibérée s’impose. Sous la houlette de Deyan Sudjic, directeur émérite du Design Museum de Londres, l’exposition organise un dialogue silencieux entre l’héritage de l’architecte italien Andrea Branzi (1938-2023) et neuf talents contemporains internationaux. Fondateur du collectif d’avant-garde Archizoom et pilier du mouvement du design radical, Branzi a magistralement démontré comment l’objet peut refléter la culture de son époque. Ses lampes aux allures presque anthropomorphiques rayonnent doucement dans la pièce. Façonnées à la main à partir de papier de riz japonais et de pierre bleue de Belgique, elles incarnent cette idée de l’expérience irremplaçable que permet l’utilisation de matériaux naturels et de techniques artisanales.
Une conversation par-delà les disciplines Cette sensibilité au contexte rejoint parfaitement la philosophie de la marque Rosewood, qui perçoit le design comme un vecteur de connexion entre les individus et leur environnement. Le parcours milanais offre ainsi une synthèse de cette vision. Chaque pièce raconte l’histoire de ses origines, par sa narration ou son processus de fabrication. Les visiteurs découvrent au fil de leurs pas un bonsaï en bronze signé Marc Quinn, dont une œuvre jumelle trône au Chancery Rosewood de Londres. Plus loin, l’horloge mouvante de Maarten Baas évoque l’atmosphère du Rosewood Amsterdam, tandis qu’une délicate création en porcelaine d’Angelika Marie Stiegler rappelle son installation sculpturale de trois mètres au Rosewood Munich. Sans itinéraire imposé ni point de focalisation unique, le parcours laisse les objets se dévoiler à leur propre rythme. Certaines œuvres amusent par leur légèreté, d’autres intimident par leur formalisme. Finalement, ces deux sphères créatives partagent un objectif singulier. Qu’il s’agisse de figer le mouvement dans un salon parisien ou de sculpter le temps dans une exposition milanaise, l’enjeu reste d’enrichir notre lien au monde en laissant avant tout la place à l’interprétation libre.

