L’opération séduction est bel et bien lancée chez Fiat. Le constructeur turinois accélère sa transition écologique en jouant la carte du charme à l’italienne sur deux tableaux diamétralement opposés : les centres-villes européens et les routes nord-américaines. D’un côté, une petite boîte cubique sans permis pour les ados ; de l’autre, la nouvelle itération de sa citadine 100 % électrique qui traverse l’Atlantique.
La carte de la « Dolce Vita » dès 14 ans
Face au carton plein de la Citroën Ami et à la présence historique du Renault Twizy, Fiat se devait de réagir sur le Vieux Continent. C’est chose faite avec la Topolino. Pensée pour la jungle urbaine, cette voiturette sans permis vise un objectif clair : redonner le goût de l’automobile à la génération Z.
Dans l’Hexagone, la formule a de quoi séduire. Accessible dès l’âge de 14 ans, ce type de quadricycle fermé rassure inévitablement les parents, souvent angoissés à l’idée de lâcher leur progéniture en deux-roues au milieu du trafic. Le constructeur a bien saisi cet enjeu sécuritaire tout en jouant sur la corde sensible de la nostalgie enfantine. Ce n’est pas un hasard si, de l’autre côté des Alpes, « Topolino » est tout simplement le petit nom donné à Mickey Mouse.
Côté style, on est très loin du simple déplaçoir austère. Avec sa bouille arrondie, sa carrosserie dépourvue de portes et habillée d’un vert d’eau pastel, la petite Fiat respire les vacances. Ajoutez à cela un toit ouvrant et un habitacle tapissé de rayures estivales, et vous obtenez l’engin idéal pour des virées entre copains ambiance bord de mer. Reste la grande inconnue du tarif. Si ses rivales directes affichent la couleur — comptez 7 990 euros pour l’Ami et 11 400 euros pour le Twizy —, Fiat entretient pour l’instant le suspense. Toutefois, la volonté d’attirer un large public, des jeunes citadins aux familles, laisse présager un positionnement pensé pour bousculer le marché lors de son lancement prévu d’ici quelques mois.
Changement d’échelle : la 500e à l’assaut du Canada
Pendant que la Topolino prépare son offensive en Europe, la marque déploie une stratégie d’une toute autre envergure en Amérique du Nord. Les concessionnaires Stellantis canadiens s’apprêtent à accueillir le millésime 2026 de la Fiat 500e. On quitte ici le monde du quadricycle pour entrer dans celui de la véritable citadine électrique, dont le ticket d’entrée est fixé à 39 995 dollars canadiens, hors frais de destination.
Pour marquer le coup, les designers ont généreusement pioché dans les nuanciers. La gamme s’enrichit d’une teinte Miami Sunset particulièrement éclatante, qui vient épauler les déjà très chics Rose Gold et Ocean Green. L’habitacle suit cette même logique pimpante : la planche de bord reprend la couleur de la carrosserie sur les modèles d’entrée de gamme et s’offre une finition nacrée sur les déclinaisons supérieures. L’offre s’articule d’ailleurs autour de deux finitions aux noms évocateurs : Pop et Icona. Un clin d’œil involontaire, mais plutôt amusant, au duo de musique suédois Icona Pop.
Sous le capot, la mécanique est éprouvée. La motorisation électrique développe 117 chevaux pour un couple de 162 lb-pi, ce qui permet à l’Italienne d’abattre le 0 à 100 km/h en un peu plus de huit secondes. De quoi s’insérer sans frémir sur les voies rapides. Alimentée par une batterie de 42,0 kWh, l’autonomie culmine à 227 kilomètres. C’est amplement suffisant pour son terrain de jeu urbain, d’autant que l’architecture accepte des charges rapides jusqu’à 85 kW, permettant de récupérer une cinquantaine de kilomètres en quelques minutes si la borne coopère.
La véritable singularité technique de cette 500e réside dans sa gestion de l’énergie. Outre les classiques modes Normal et Range, Fiat a intégré un mode Sherpa. Son but est simple : vous garantir d’arriver à bon port ou à la prochaine borne, coûte que coûte. Pour y parvenir, le système bride la vitesse maximale à 80 km/h et ampute la puissance, qui chute de 87 kW à 57 kW. Bien sûr, une forte pression sur l’accélérateur permet de débloquer toute la cavalerie en cas d’urgence. C’est un cocktail de technologies et de design transalpin qui fait déjà parler de lui, notamment dans le sillage de certaines offres de location extrêmement agressives apparues plus tôt cette année. Celles-ci flirtaient avec les 25 dollars par semaine, résultat de quelques habiles tours de passe-passe financiers des concessionnaires sur les valeurs résiduelles et les marges.

