La plateforme de streaming continue de sculpter son avenir en misant sur des univers radicalement opposés. Si les amateurs de fictions sombres et cyniques ont de quoi se réjouir avec le retour acté des criminels britanniques de Guy Ritchie, Netflix s’apprête en parallèle à ressusciter un véritable monument de la télévision familiale américaine. Deux salles, deux ambiances, mais une ambition commune : fidéliser un public toujours plus large avec des productions ambitieuses.
L’empire du crime s’exporte pour The Gentlemen
Guy Ritchie n’a pas fini de jouer avec les nerfs des abonnés. Lancée en mars 2024, cette comédie noire et policière co-créée avec Matthew Read s’est imposée comme une évidence dans le paysage sériel. Fort de ce succès fulgurant, Netflix a logiquement commandé une deuxième saison dont la diffusion est très attendue pour 2026. Huit nouveaux épisodes d’une heure viendront étoffer ce monde impitoyable, prolongeant ainsi l’ADN du long-métrage de 2020 tout en s’autorisant un développement psychologique bien plus profond.
On y retrouvera Eddie Horniman. Sous les traits de Theo James, cet aristocrate se retrouvait soudainement à la tête d’un vaste domaine familial abritant un empire du cannabis secrètement contrôlé par la pègre locale. S’il tentait initialement de manipuler ces figures redoutables pour affranchir sa famille, le héros a fini par se prendre au jeu. L’argent, le pouvoir et l’adrénaline de la stratégie ont peu à peu brouillé sa boussole morale, le faisant basculer de victime à acteur majeur du système.
Pour ce nouveau chapitre, l’intrigue va prendre une dimension internationale. Eddie et Susie travaillent depuis un an au sein du tentaculaire réseau criminel de Bobby. La situation promet de dégénérer rapidement face aux décisions de plus en plus erratiques de ce dernier, en pleine volonté d’expansion. Le duo sera acculé, forcé de faire un choix définitif : prendre les devants ou risquer de tout perdre. Produite par Moonage Pictures et Miramax Television, la série brille par son casting impeccable, mêlant de nouveaux venus à des visages confirmés comme Kaya Scodelario, Daniel Ings, Joely Richardson, Vinnie Jones et Giancarlo Esposito. Entre luttes des classes et humour noir ravageur, cette production s’inscrit dans la droite lignée des œuvres fondatrices du réalisateur, de Snatch à RocknRolla.
Un retour aux sources inattendu avec La Petite Maison dans la Prairie
Le grand écart est total. Loin des fusillades et des trafics londoniens, les pionniers américains reprennent la route. Le redémarrage tant espéré de La Petite Maison dans la Prairie arrivera sur nos écrans en juillet 2026, et Netflix affiche une confiance absolue dans ce projet. Le 3 mars dernier, le géant américain a annoncé le renouvellement du programme pour une deuxième saison avant même la diffusion de son tout premier épisode. Pour faire patienter le public, une première image officielle a été dévoilée, capturant les jeunes sœurs Ingalls en pleine course aux côtés d’un chariot bâché traditionnel.
Cette nouvelle adaptation des romans semi-autobiographiques de Laura Ingalls Wilder, en gestation depuis plusieurs années et confirmée début 2025, se présente comme un hybride audacieux. Le public doit s’attendre à une fresque mêlant drame familial porteur d’espoir, récit de survie brut et histoire des origines de l’Ouest américain. Jinny Howe, responsable des séries scénarisées de Netflix pour l’Amérique du Nord, a salué le travail de la showrunneuse Rebecca Sonnenshine et de ses équipes. Selon elle, la série repose sur une authenticité émotionnelle rare qui garantit de nombreuses années de récits captivants.
Devant la caméra, une toute nouvelle famille Ingalls s’apprête à marquer les esprits. Luke Bracey et Crosby Fitzgerald incarneront Charles et Caroline, les piliers du foyer. Leurs filles seront jouées par Alice Halsey dans le rôle de Laura et Skywalker Hughes dans celui de Mary. Lors d’un récent événement marquant le cinquantenaire de l’œuvre d’origine, les producteurs exécutifs Trip et Rebecca Friendly n’ont pas tari d’éloges sur la jeune actrice principale. À seulement onze ans, Alice Halsey impressionne par sa maturité et s’est totalement approprié le personnage mythique de Laura.
Quarante ans après la conclusion de la série culte sur NBC, cette coproduction chapeautée par CBS Studios et Anonymous Content entend prendre ses distances avec son aînée télévisuelle pour revenir à l’essence des livres. Melissa Gilbert, l’inoubliable Laura des années 70, a d’ailleurs précisé que les textes originaux regorgeaient de figures fantastiques encore jamais exploitées à l’écran, rendant toute invention de personnages superflue. Reste à savoir si les acteurs historiques feront une apparition. Alison Arngrim, célèbre pour son rôle de Nellie Oleson, confiait récemment qu’aucun membre de l’ancienne troupe n’avait pour le moment été contacté pour participer à cette nouvelle aventure.

