C’est un véritable soulagement pour quelque 17 millions de retraités dans l’Hexagone. La menace d’une sous-indexation, initialement voulue par l’ancien Premier ministre Michel Barnier à hauteur de 0,8 %, s’est définitivement envolée avec la censure de son gouvernement et le rejet du budget de la Sécurité sociale. La pension de base augmentera donc bel et bien de 2,2 %. Dans les faits, un ancien travailleur du secteur privé percevant 1 400 euros nets mensuels, répartis entre 980 euros de base et 420 euros de complémentaire, verra ses revenus grimper de 21,6 euros chaque mois. L’impact est encore plus marqué pour un ex-fonctionnaire touchant une retraite totale équivalente, dont la pension de base représente la quasi-totalité des revenus. Ce dernier empochera 30,2 euros supplémentaires. Au total, l’État devra débourser 6,5 milliards d’euros pour financer cette opération.
Des dates de versement qui diffèrent selon les régimes
Il faudra toutefois faire preuve d’un peu de patience avant de profiter de cette somme. Les ex-salariés du privé ne toucheront pas cette hausse immédiatement, la retraite de base étant versée à terme échu, c’est-à-dire une fois la période due écoulée. La Caisse nationale d’assurance vieillesse procède habituellement aux virements le 9 de chaque mois. Sauf que le 9 février tombe cette année un dimanche. Les versements seront par conséquent anticipés au vendredi 7 février, quelques jours après le paiement de la complémentaire Agirc-Arrco prévu le 3. Du côté des anciens agents de la fonction publique, l’attente sera bien plus courte. Affiliés au SRE ou à la CNRACL, ils verront leur pension revalorisée créditée dès le jeudi 30 janvier, une date qui coïncide d’ailleurs avec le versement de leur retraite additionnelle.
Outre-Manche, un bond porté par le système du « triple verrou »
La question des retraites agite également le Royaume-Uni, où le mois d’avril marque le coup d’envoi de la nouvelle année fiscale. Grâce à la mécanique très spécifique du « triple verrou », les pensions d’État britanniques sont ajustées chaque année sur le chiffre le plus favorable entre la croissance des salaires, l’inflation ou un taux plancher de 2,5 %. Cette année, l’augmentation s’aligne directement sur les salaires, offrant une hausse remarquable de 4,8 %. Pour les personnes bénéficiant du nouveau système à taux plein, le revenu hebdomadaire passera mécaniquement de 230,25 à 241,30 livres sterling. Quant à l’ancienne pension de base, elle grimpera de 176,45 à 184,90 livres par semaine. Torsten Bell, le ministre chargé des Retraites, assume totalement cet effort budgétaire. Selon lui, garantir une augmentation supérieure à l’inflation reste le seul moyen d’assurer une fin de vie digne à des millions de personnes après une longue carrière de contribution à la société.
Un départ repoussé à 67 ans qui impose de l’anticipation
Mais cette embellie financière s’accompagne d’une réforme nettement plus abrupte pour les travailleurs britanniques. L’âge légal de départ entame son relèvement progressif, passant doucement de 66 à 67 ans pour les nouveaux pensionnés. Une transition qui s’explique par l’allongement de l’espérance de vie, l’urgence de préserver les finances publiques et la nécessité de maintenir une équité entre les générations, justifie Zoe Alexander, directrice des politiques chez Pensions UK. Ce basculement se faisant par petits paliers mensuels, un simple jour d’écart dans une date de naissance peut repousser le droit à la retraite de plusieurs semaines ou mois. Les experts du secteur insistent donc lourdement sur la nécessité de s’informer sans attendre. Kirsty Ross, directrice chez People’s Partnership, rappelle que la pension d’État constitue le socle financier absolu de la plupart des épargnants. Elle exhorte les travailleurs à calculer précisément leur date de départ sur les plateformes gouvernementales. L’objectif est clair : éviter à tout prix de se retrouver avec un vide financier entre le moment où l’on cesse de travailler et le jour où l’État commence enfin à verser sa pension.


