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Affaire Croix-Rouge malagasy: le président national exige des preuves !

CRM
Les membres de la composante gouvernance lors de la conférence de presse organisée à Tsaralalana le 23 avril 2018.
Par le 25 avril 2018 à 07:15

La composante gouvernance de la Croix-Rouge malagasy s’est prononcée suite au communiqué de la Croix-Rouge norvégienne sur une constatation de détournement, de corruption et de fraude au sein de la CRM.  

« Nous exigeons des détails sur les faits dont est accusée la Croix-Rouge malagasy (CRM)». Ce sont là les propos de Claude Rakotondranja, président de la CRM, lors d’une conférence de presse organisée à Tsaralalana avant-hier. Le numéro un de la CRM d’ajouter que la situation actuelle ne permet pas encore aux responsables d’affirmer ou d’infirmer quoi que ce soit, étant donné qu’il leur manque les détails des expertises menées par la société d’audit et qui seraient actuellement entre les mains de la Croix-Rouge norvégienne.

«Nous voulons avoir la certitude des faits qui sont reprochés à la Croix-Rouge malagasy» a-t-il lancé. Avant d’enchérir que «la situation ne permette pas à la société nationale d’intenter en justice le ou les coupables desdits détournements». Par ailleurs, le président de la CRM n’a pas démenti l’existence de détournements de fonds avancée par la société nationale norvégienne.

De ce fait, il a fait savoir sur l’occasion que «le retrait de la Croix-Rouge norvégienne n’influe pas sur les projets et programmes établis par la Croix-Rouge malagasy». Une affirmation peu crédible selon une source fiable, étant donné que «la Croix-Rouge norvégienne est le plus grand partenaire financier de la Croix-Rouge malagasy».

Et notre source d’ajouter : «Les répercussions de ce retrait vont se ressentir dans les caisses de la société nationale». Lors de la conférence de presse, Claude Rakotondranja, quant à lui, a affirmé avec confiance qu’«actuellement, tous les autres partenaires de la Croix-Rouge collaborent toujours avec la société nationale».

Servir pour se servir

Dans l’affaire de détournement perpétré au sein de la Croix-Rouge malagasy, la question du « comment ? » se pose sur toutes les lèvres. Et ce, malgré les quelques pistes avancées par le communiqué de la Croix-Rouge norvégienne. Notre source a fait savoir qu’ «il est possible que les fraudes et détournements se sont fait à tous les niveaux de la composante management de la société nationale». «Du simple chef de projet au Secrétaire général, les documents sont falsifiés pour gonfler les comptes dans les rapports financiers», a expliqué notre source. Cette dernière de préciser que «toutes les factures, tous les chèques sont cosignés par le SG et le trésorier, suivant le principe de double signature». Une procédure propre aux 190 sociétés nationales éparpillées de par le monde. En effet, l’organisation de toutes les sociétés nationales prévoit une différenciation des rôles et missions de trois composantes : la gouvernance, le management et les volontaires. Une structure théoriquement parfaite, mais dont les failles ont été remarquées par certains responsables dénués de tout scrupule. Parfaite, parce qu’elle (la structure) permet à la société nationale d’agir en cas d’urgence et de survenance de catastrophe. Mais les pouvoirs en matière financière détenus et les pratiques effectuées par les responsables de la composante management, celle qui assure la gestion courante de la Croix-Rouge malagasy, leur ont permis d’amasser des fonds destinés à aider les personnes en situation vulnérables. La situation est dramatique dans la mesure où la Croix-Rouge malagasy est une organisation à vocation humanitaire. Surtout pour les milliers de volontaires qui travaillent pour apporter leur soutien aux personnes qui en ont besoin et qui travaillent sans but lucratif, mais poussées par la volonté d’aider leurs prochains.

Il convient de noter que la situation actuelle de la CRM n’est pas un cas isolé, car quelques sociétés nationales d’Afrique l’ont également vécu et que des responsables se sont retrouvés en prison suite à des actions en justice menées contre eux. Pour le cas de la Grande-Île, la justice ne s’est pas encore saisie de l’affaire, mais espérons que les responsables ne s’en tireront pas de cette histoire qui ternit aussi bien l’image du pays que de sa société nationale.


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