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Ambovombe Androy: quand la fistule obstétricale tue les femmes à petit feu!

| 21 mars 2018 à 14:13 | Société
campagne de reparation de fistule obstetricale
Les femmes qui ont bénéficié de la campagne de réparation de fistule obstetricale initiée par le FNUAP et financée par l'Etat Japonais.

Considérée plus qu’une maladie qu’une handicape, la fistule obstétricale nuit à la vie de milliers de femmes dans les régions de l’île, surtout dans l’Androy.

Exclusion sociale, marginalisation et replis sur soi. Ce sont les termes qui définissent le quotidien des femmes atteintes de fistule obstétricale. Une vie de honte et de préjugée qui leur est imposée d’un côté par la maladie elle-même. Mais surtout par le mauvais œil que leur lance la société. «Elles ne sont pas acceptées par la société. Cette dernière les juges et se moque d’elles à longueur de journée. Ce qui les emmène à se «replier sur elles-mêmes et à perdre confiance en leur capacité voire en leur nature de femme». Une situation qui freine leur développement social selon les dires d’Aimée Philomène Rasolonandrianina, intervenante sociale auprès du Centre d’Écoute et de Conseil Juriqique d’Ambovombe. La situation de fistuleuse les prive également d’une vie conjugale digne de ce nom. En effet, la plupart des femmes – âgée entre (15 et 40 ans) - opérées dans le cadre de la campagne de réparation de fistule obstétricale menée par l’UNFPA en collaboration avec l’État japonais « ont été rejetées par leurs maris».

La fistule et sa cause dans l’Androy

Causée par un accouchement difficile, la fistule est un problème médical évitable, mais qui rend les femmes incontinentes et les exclut de leur communauté. Elle se définit comme le produit d’un travail laborieux, prolongé et le plus souvent sans assistance médicale pendant l’accouchement. Un fait qui est fréquent dans la région d’Androy où les victimes sont majoritairement des femmes âgées entre 15 et 30 ans. Et si l’on veut désigner un coupable, le poids de la coutume y est pour quelque chose. En effet, la culture locale veut que «les femmes n’ont pas de pouvoir décisionnel sur leur vie sexuelle, voire, elles n’ont pas de pouvoir décisionnel tout court». Si bien que pour aller chez le docteur, elles ont besoin d’une autorisation soit émanant de leurs beaux-parents soit de leurs parents ou de leurs maris. Le second souci fait également référence à la distance entre les centres hospitaliers et les localités des femmes fistuleuses. Bon nombre d’entre elles parcourent des kilomètres pour bénéficier d’un accouchement répondant aux normes et dans un centre spécialisé. Et c’est la raison qui les pousse à fréquenter les matrones qui sont plus proches d’elles physiquement, socialement et culturellement. Vu les différentes causes avancées, la lutte contre la fistule obstétricale s’annonce dure pour la région Androy. Une lutte qui n’est toutefois pas impossible. Le succès de la campagne de réparation de fistule menée du 1er au 21 mars de cette année en est une parfaite illustration.

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