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Un réseau de braconnier de lémurien à Madagascar ?

| 7 mars 2018 à 14:37 | Société
indri indri - lemurien madagascar
Indri indri au parc national d'Andasibe-Mantadia, dans l'est de Madagascar. (© Christophe Germain)

La saisie de onze Indri Indri et d’un propithécus Diadema dans la forêt d’Iaroka a mis la puce à l’oreille des acteurs pour la défense de la biodiversité malgache sur une éventuelle existence de réseau de trafiquants de lémuriens et de primates dans la Grande-Île.

« J’attire l’attention des autorités étatiques sur l’éventuelle existence de trafiquant de primates et de lémuriens à Madagascar ». Ce sont là les propos de Lalaina Andrianavalona coordonnateur de la Coalition Nationale de Plaidoyer Environnementale (CNPE) lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des forêts Antsahavola. Le coordonnateur de la CNPE d’ajouter que «compte tenu de la culture Betsimisaraka qui qualifie le fait de tuer, de consommer ou de vendre les lémuriens, la saisie des corps sans vie des lémuriens et primates dans la nuit du 27 février 2018 n’aurait pas du avoir lieu». « Ce qu’il y a c’est qu’il y a sûrement un réseau travaillant en coulisse pour nuire à ces ressources environnementales » a-t-il ajouté. En effet, un seul des auteurs de cette tuerie de lémurien et de primate a été arrêté lors d’une opération menée de concert par les membres de la VOI ou Vondron’Olona Ifotony – un comité travaillant avec le ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des forêts et qui a pour rôle de surveiller les zones protégées en faisant des patrouilles et en signalant l’existence de quelconque trafic aux autorités compétentes. Le président de la CNPE de faire savoir également que le trafiquant arrêté était un membre de la fédération de VOI travaillant dans la forêt d’Iaroka, corridor d’Ankeniheny Zahamena.

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Brigade mixte

La situation actuelle est préoccupante étant donné que les lémuriens malgaches, en particulier l’Indri Indri et le propithécus Diadema, figurent dans la liste des espèces en «danger critique». Et ce, malgré le fait qu’ils (les primates et lémuriens malgaches) composent les 20% (avec 123 espèces) des primates et lémuriens mondiaux. Des actions concrètes doivent, de ce fait, être initiées pour limiter l’aggravation de la situation. Pour ce faire, les acteurs entendent mettre en place une brigade mixte composée d’éléments des forces de l’ordre (de la gendarmerie) et des polices environnementales ainsi que des membres de la VOI. «La Brigade mixte va effectuer des patrouilles avec les membres de la VOI pour faire comprendre à la population malgache que la chasse aux primates est interdite». Ce à quoi Guy Suzon Ramangason directeur général de Madagascar National Park ajoute : «la brigade mixte devrait créer un effet de dissuasion dans leurs zones d’interventions». Représentant une source d’attrait touristique majeure, et par ricochet une entrée de devises et de plus-values à l’économie nationale, les ressources comme les primates et lémuriens méritent d’être protégées par tous les moyens existant. Des moyens concrets suivis de volonté politique infaillible de la part des décideurs politiques.

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