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Gare routière d’Andohatapenaka : Des dispositifs et des dispositions innovants

gare routiere andohatapenaka
A la nouvelle gare routière Maki d’Andohatapenaka, l’organisation est de rigeur
Par le 26 février 2018 à 12:10 - mis à jour le 26 février 2018 à 16:02

La nouvelle gare routière d’Andohatapenaka, baptisée « Maki » du fait de sa proximité par rapport au stade de Rugby portant ce nom, a depuis quelque temps fait l’objet d’une divergence d’opinions.

Si certains sont charmés par la toute nouvelle gare routière « Maki » avec l’aspect tendance de ses infrastructures, d’autres, mus par l’attitude réfractaire devenue actuellement monnaie courante, la considèrent comme une manœuvre insidieuse de la part du pouvoir en place, pour chambouler le secteur du transport dans le pays. Quoi qu’il en soit, l’on se doit de reconnaître que ce dispositif pimpant neuf revêt de l’esthétique d’une architecture moderne et innovante.

D’une part, l’État, initiateur du projet qui a permis la réalisation des travaux, ne cesse de vanter les qualités de ce dispositif, et d’autre part, certains transporteurs et usagers, pris de court, par ce revirement soudain – les départs de certaines lignes nationales à savoir RN1, RN4 et RN6, y seront transférés – s’efforcent d’en tambouriner les inconvénients.

Sans études préliminaires

Mamihanitra Rafanomezantsoa, un des responsables du Collectif des présidents des coopératives de transport routier des voyageurs, ou CPCTRV, une entité regroupant tous les présidents des coopératives exploitant la gare routière d’Andohatapenaka, et ayant comme vocation d’assurer la gestion des lieux, s’est exprimée par rapport à la situation.

« Malgré l’esthétique et l’étendue apparemment vaste de ses infrastructures, cette gare routière s’avère a priori insuffisante en termes de surface si l’on se réfère au nombre de véhicule de transport qu’elle devra accueillir jeudi prochain, jour de son ouverture officielle pour les lignes nationales, de la route nationale 4, vers Mahajanga, de la RN6, vers Diégo, et de la RN1, vers Tsiroanomandidy et Maintirano. », a-t-elle expliqué tout en faisant remarquer que ce projet n’a pas fait l’objet d’études préliminaires.

Et de poursuivre : « Sur les parkings les tracés destinés aux zones nationales de la RN4 et de la RN6 sont au nombre de 120, alors que ceux des véhicules seront de loin plus importants. Ce projet semble ne pas avoir fait l’objet d’études préliminaires. Le problème était que quand les responsables de l’État ont décidé de l’entreprendre ils n’ont aucunement fait appel aux entités inhérentes au secteur du transport ni demander l’avis de ces dernières qui sont pourtant les mieux placés pour connaître les données statistiques nécessaires et indispensables concernant les nombres de véhicules roulants du transport terrestre des voyageurs, et donc de l’espace nécessaire. Et c’est ainsi que nous, membres du Collectif des présidents des coopératives des transporteurs routiers des voyageurs, CPCTRV, avions été surpris et pris de court en apprenant les consignes ministérielles nous sommant de devoir accueillir toutes les coopératives des lignes nationales desservant les RN4, RN1 et RN6. Et cela dans un délai très court. Sans même entrer dans les détails chiffrés, nous pouvons déjà avancer que l’espace aménagé pour servir de parking aux voitures de transport sera insuffisant. Ainsi, le gouvernement devra déjà envisager une solution efficace pour pallier ce problème, afin d’éviter les litiges que cette situation pourrait engendrer. Il pourrait élargir les zones de parking vers les espaces exploitables environnants».

« Il faut toutefois tenir compte du fait que les véhicules seront en mouvement et qu’ils n’occuperont pas les lieux en même temps», a pour sa part précisé Pierre Rafiringa Solofoniaina, membre conseiller du CPCTRV, et non moins membre du cabinet du ministère du Transport et de la météorologie.

Rafiringa Pierre Solofoniaina ATT

Un responsable de l’ATT, Rafiringa Pierre Solofoniaina, présentant les boxes des coopératives

Malgré toutes ces remarques, cette responsable a toutefois reconnu les apports plus que positifs que cette gare routière a apportés par rapport aux précédentes qui selon ses dires, ont fonctionné pour la plupart dans l’anarchie et le désordre total. Comme autre nouvel apport, elle a fait savoir que pour le maintien de la propreté et de l’hygiène, les marchands ambulants n’auront plus accès dans cette gare routière. En outre, des messages éducatifs axés sur les mesures à prendre pour préserver la propreté et l’hygiène seront régulièrement diffusés dans cette gare routière.

La propreté, l’ordre, la sécurité et l’organisation de mise

« En sus, pour la préservation de l’ordre et la sécurité dans les environs, nous allons tenir une réunion avec toutes les entreprises commerciales ou autres riverains de la route Digue afin de trouver les moyens de réalisation du projet d’aménagement de jardins clôturés sur la Digue. Une initiative aura pour but d’empêcher les constructions illicites à but commercial à cet endroit », a-t-elle ajouté tout en faisant savoir que les crieurs y seront inexistants.

D’aucuns remarqueront que cette nouvelle gare routière sera différente des précédentes, de par sa contemporanéité. En effet, elle constitue un exemple de réforme en matière de transport, pour ne citer que sa caractère spacieux et bien aéré, surtout le hall dans lequel les voyageurs s’installent avant leurs départs, la structure des parkings qui sont bien quadrillés pour préciser l’emplacement de chaque véhicule de transport, sinon les guichets des coopératives pimpant neuf, dont les emplacements sont facilement repérables, car indiqués par des plans, affichés à plusieurs endroits.

centre de controle gare routiere andohatapenaka

La salle de vidéo surveillance, le centre nerveux de la gare routière

Côté sécurité, un système de vidéo surveillance, muni d’instruments nés de la nouvelle technologie, permet de suivre sur des écrans, les mouvements de la foule qui circule dans l’enceinte de la gare routière. Comme preuve de l’efficacité de ce dispositif, dans la matinée de vendredi dernier, un pickpocket a été appréhendé par des agents de sécurité, de vrais professionnels, à partir du signalement donné par le responsable de la salle de vidéo surveillance. Par ailleurs, c’est de cette salle de vidéo surveillance que les départs seront annoncés et coordonnés, et ce au moyen de messages sonores. Pour le volet restauration, les passagers et leurs accompagnateurs auront à leur disposition deux structures dont le Tournesol, un habitué des réceptions et des banquets.

À bien voir, cette gare routière, bien qu’elle semble ne pas répondre aux attentes des utilisateurs, s’avère être un archétype de l’évolution en matière d’infrastructure dans le secteur du transport à Madagascar. Pour ce qui est des lacunes, la journée de jeudi, celle de l’ouverture officielle, sera révélatrice des faits, et permettront aux initiateurs de ce projet de les identifier, et par conséquent, de trouver les solutions qui se doivent.



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