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Report de la rentrée scolaire : la Didec Antananarivo conteste

Ludovic Randrianatoandro
Photo Facebook / Révérend père Ludovic Randrianatoandro, directeur des écoles catholiques
Par le 23 octobre 2017 à 07:44

La Direction des écoles catholiques (Didec) d’Antananarivo défie le ministère de l’Education nationale en décidant de reprendre les cours le 25 octobre 2017 prochain.

C’est décidé, la rentrée scolaire des écoles catholiques d’Antananarivo se fera le 25 octobre 2017 prochain. Une décision prise suite à une réunion des directeurs des écoles confessionnelles catholiques de la capitale le samedi 21 octobre dernier. Le directeur des écoles catholiques, le révérend père Ludovic Randrianatoandro d’expliquer : « Le manque de cohérence et de clarté dans les raisons avancées par le ministère de tutelle dans les reports de la rentrée est une des causes qui ont amené la Didec à prendre la décision ». Cette dernière passe ainsi outre les recommandations du MEN qui a préconisé le report de la rentrée au 6 novembre de cette année. Ce qui n’a pas laissé indifférent le ministre Paul Rabary. « La Didec d’Antananarivo a été libre de prendre la décision de reprendre les cours le 25 de ce mois » peut-on lire dans une publication qu’il a postée sur sa page Facebook. Une publication rappelant également les raisons qui ont amené le MEN à prendre les décisions. « L’existence, encore, des cas de peste dans différentes régions dont Antananarivo a conduit le ministère ainsi que ses partenaires à procéder à ces reports. (…) Ce, pour protéger autant que possible les enfants contre une quelconque contamination » a fait savoir le ministre Paul Rabary.

Insoumission

La décision de la Didec de reprendre les cours le 25 octobre 2017 prochain a causé de vives réactions auprès des parents d’élèves et des observateurs de la vie publique. Certaines personnes voyant mal cette décision accusent les écoles catholiques de se prendre pour « un état dans l’état ». « Les catholiques ont toujours été comme ça. Ils ne se conforment jamais aux règlements et se croient hors de toutes normes et dispositions » pouvait-on lire dans un commentaire lancé par une internaute sur Facebook. Nombreux sont ceux qui désapprouvent la reprise des cours le 25 de ce mois, craignant la propagation de la maladie dans les écoles. Ce à quoi les directeurs des écoles catholiques ont répondu par une question. « Comment se fait-il que l’enseignement soit le seul domaine à prendre des dispositions de fermeture alors que d’autres secteurs d’activités comme le commerce, les usines de fabrication ou encore les spectacles présentent autant de risque de propagation et de contamination par la peste ? » a lancé le Didec d’Antananarivo lors de la réunion du samedi 21 octobre dernier. Quoi qu’il en soit, le fait de passer outre une décision du ministère déroge aux valeurs citoyennes et civiques enseignées dans les écoles catholiques. Des institutions qui sont connues pour leur sens de la discipline et des valeurs.

A lire aussi : Education nationale : la rentrée scolaire prévue le 6 novembre prochain

Mesures d’accompagnements

La réouverture des écoles catholiques oblige les responsables auprès des institutions à prendre les mesures y afférentes. C’est d’ailleurs pour cela que lors de la déclaration du samedi 21 octobre dernier, le Didec a demandé à ce que le Ministère de l’Education Nationale les aide dans le renforcement des capacités des responsables de la santé scolaires auprès de leurs institutions. D’autres mesures comme la mise en place de salles d’isolement, de test de température ou encore de sensibilisation des enfants doivent être prises. Des mesures qui vont être appliquées par le MEN dans les établissements des autres zones non concernées par le report de la rentrée. Ce qui aurait pu conduire la direction des écoles catholiques d’Antananarivo à décider de la réouverture des classes le 25 octobre 2017 prochain. Mais cette témérité place les écoles catholiques dans une mauvaise position, car il est fort probable qu’un élève d’un établissement catholique soit atteint de la peste, en dehors ou au sein du domaine de l’établissement. De ce fait, la responsabilité sera dans ce cas attribuée aux responsables de l’établissement.  Ce, à quoi le Ministre Paul Rabary a rétorqué ce qu’il craint le plus : « Il m’est difficile d’imaginer, ne serait-ce qu’une minute, la douleur des parents, surtout des enfants, si par malheur ces derniers se trouvent être atteints par la peste » a-t-il mentionné dans sa publication sur Facebook.

Dans cette histoire, les premiers concernés sont les enfants ainsi que leurs parents qui commencent à ne plus savoir où donner de la tête. En tout cas, la peste est là et elle peut contaminer n’importe où : à la maison, sur les lieux de travail, dans les rues, dans les transports publics, au marché, à l’église… Le mieux à faire c’est de se protéger autant que possible et de protéger sa famille.



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