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Présidentielle de 2018 : l’âge comme critère de disqualification ?

Andry Rajoelina ferait-il peur au régime actuel?

Les débats parlementaires de jeudi 14 décembre ont provoqué une certaine panique dans l’arène politique. Compte tenu des dires des uns et des autres, une éventuelle révision de l’âge des candidats à la Présidentielle est, en effet, probable.

Les députés élus sous la bannière Mapar sont inquiets. Ils dénoncent la manœuvre visant à modifier, ou hausser, précisément, l’âge minimum requis pour se présenter à la présidentielle. Une telle modification exclurait leur candidat, Andry Rajoelina, qui est considéré par plus d’uns comme étant le favori à la prochaine course à la magistrature suprême en 2018. « Certes, les débats sont encore sur l’alinéa 2 de l’article 46, relatif à la démission du Président en fonction. Mais nous craignons que de manière subtile et sournoise, des modifications soient portés sur ce point », glissent-ils. Selon les bruits qui courent dans les couloirs de l’Assemblée Nationale, « on » voudrait emmener cet âge minimum de 35 à 45 ans.

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Mais il n’y a pas que les partisans du très jeune homme politique, surnommé d’ailleurs Zandrikely (le petit jeune), qui craignent cette « sournoise modification ». L’ancien président Marc Ravalomanana, déchu en 2009, est aussi dans l’embarras. Des ambitions, voulant fixer l’âge maximum pour être candidat à la Présidentielle à 65 ans, s’entend à l’hémicycle. Ce qui exclurait aussi le fondateur du parti Tiako i Madagasikara qui venait récemment de souffler ses 68 bougies. Il aura déjà 69 printemps en 2018, et donc « trop vieux pour se porter candidat à la magistrature suprême » L’amiral Didier Ratsiraka, déjà octogénaire ne pourra, même pas en rêve, de s’aligner à cette course.

De 40 à 35 ans,

En 2010, suite à un référendum durant lequel le « Oui » a gagné, l’âge minimum requis pour se présenter à la Présidentielle est passé de 40 à 35 ans. Cela, afin de permettre à Andry Rajoelina, alors Président de la Haute Autorité de la Transition (HAT) de pouvoir figurer parmi les candidats. Il avait aussi comme ambition de donner aux jeunes comme lui l’opportunité d’apporter leur part dans le développement du pays. Sauf que, à cause du « ni…ni » imposé par la Communauté internationale, il n’a pas pu se présenter, comme prévu.

Une constitution, un âge minimum

Notons que dans la Constitution de la première République, l’âge minimum était de « 40 ans au moins, à la date de l’élection ». Sous la deuxième République, il était de « 35 ans révolus à la date du scrutin », et durant la troisième République, de « 40 ans révolus à la date limite du dépôt de candidature ». Par contre, aucune des constitutions qui se sont succédé n’a imposé un âge maximum.

Intérêts présidentiels

Si ailleurs, la Constitution a pour essence de mettre tout le monde sur le même piédestal, force est de constater qu’à Madagascar, ce n’est guère le cas. Elle est modifiée selon la guise du pouvoir afin de permettre au Président en fonction d’accéder à sa propre succession.

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