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Révision de la Constitution : une stratégie en vue de verrouiller le processus électoral ?

Par le 15 décembre 2017 à 09:58 - mis à jour le 20 février 2018 à 15:06

Alors que les débats sur l’opportunité de la révision de la Constitution semblent s’estomper, la conjoncture actuelle laisse à penser le contraire.

« Non au report de la date de la présidentielle de 2018 ». Tel est le point commun partagé par les parlementaires lors d’un débat tenu au Palais De Verre à Anosikely ce jeudi 14 décembre dans le cadre de la journée des parlementaires. Toutefois, les pro-régimes, soutiennent la nécessité d’une révision de la Constitution, notamment de ses articles 46 et 47. « Il s’agit d’éviter les crises cycliques. La problématique est de savoir comment tenir des élections démocratiques et acceptées par tous en 2018. Toutefois, les dispositions des articles 46 et 47 posent problème, surtout, sur la démission des hommes d’Etats, candidats aux scrutins. En effet, durant 60 jours, beaucoup de choses pourraient se passer sur le plan politique », annonce la députée Cathy élue à Mananjary, Cathy.

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Pour Nome Razaranaina, député élu à Fianarantsoa I, il est envisageable d’organiser un référendum entre le mois d’avril et août de 2018. « Les étrangers n’ont pas à s’immiscer dans les élections que les Malgaches veulent organiser », martèle-t-il. Le budget pour cette révision sera à prévoir dans la loi de finances rectificatives. Des sénateurs, à l’instar d’Honoré Rakotomanana, ont même parlé de la nécessité de réviser les dispositions de l’article sur la durée de mandat du président de la République.

Verrouillage du système électoral

Pour les parlementaires de l’opposition, cette révision révèle une volonté de verrouiller le processus électoral. « Une retouche de la Constitution à un an de la présidentielle ne garantira pas un apaisement politique, surtout que le texte ne sera pas révisé de façon consensuelle. On est conscient des failles de cette Constitution votée en 2010. Mais il nous faut une Constitution durable qui ne satisfait pas un intérêt personnel », a tonné Hanitra Razafimanantsoa, la députée du parti TIM élue dans le premier arrondissement. Velontsara Paulbert, le député du groupement MAPAR, lui, insiste qu’une éventuelle révision est une manière d’exclure des candidats potentiels à la course présidentielle. « Il ne faut surtout pas qu’on touche l’âge de 35 ans exigés aux candidats. Donnons aux jeunes leur chance », clame-t-il, quant l’article 46 définissant les critères de candidature.

Ne pas démissionner

En tout cas, pour les observateurs, un des objectifs d’une éventuelle retouche de la loi fondamentale est de permettre facilement au président en exercice, candidat à sa propre succession, de remporter les élections. La rencontre du mardi dernier entre le gouvernement et les parlementaires pro-régime résulterait-elle d’une stratégie en vue de relancer cette question ? Des bruits circulent que les lobbyings battaient leur plein à cette occasion. Des parlementaires pro-régime se seraient engagés à soutenir le projet de référendum qui requiert un quorum à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Et ce, contre l’acquisition des voitures 4X4 tant voulu depuis toujours.



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