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Assemblée nationale : Les 4×4 des députés ne font pas l’unanimité

Par le 27 septembre 2017 à 17:54 - mis à jour le 28 septembre 2017 à 15:00

Depuis 1993, les députés n’ont cessé – à chaque régime – de réclamer leurs véhicules 4X4. L’actuelle Assemblée Nationale exige sa budgétisation dans la loi de finances, celle de 2017. Cette question refait surface au moment où l’effervescence est à son comble, au moment où une éventuelle révision de la constitution fait polémique.

Outils de travail indispensable ?

« Les véhicules 4X4 sont indispensables pour les députés dans l’exercice de leurs fonctions. Mais il a toujours ceux qui veulent polémiquer », a affirmé sans détour le président de l’Assemblée Nationale, Jean Max Rakotomamonjy à l’occasion d’un point de presse à Tsimbazaza ce mercredi 27 septembre. Et cette polémique ne semble pas vouloir s’apaiser de sitôt. En effet, l’Etat s’engage juste à trouver des concessionnaires qui accepteraient de vendre aux députés ces tout-terrains avec une facilité de payement. Il va aussi garantir le payement et jouer le rôle de catalyseurs. « En d’autres termes, nous achetons nous-mêmes les voitures de service », s’insurge le numéro un de l’Assemblée Nationale.

Interrogé si les députés réussiront à rembourser le prix des véhicules dans le temps, la fin de leur mandat étant prévu en Février 2019, le président de l’assemblée nationale rassure quand-même. D’après les informations qui circulent à l’hémicycle, ces 4×4, dont le prix varierait entre  60 et 100 millions d’ariary, atterriront à Tsimbazaza avant l’ouverture officielle de la session budgétaire.

Un privilège pour amadouer les députés

Ce qui rend perplexes nombreux observateurs politiques, c’est le contexte où cette histoire de 4×4 est remise sur le tapis. Pour Hary Naivo Rasamoelina du parti Droits Humains et Démocratie Madagascar (DHD), il s’agit ni plus ni moins de l’une des futilités de ce régime. Il voit en cette histoire un clin d’œil aux députés, et donc un moyen pour le pouvoir en place d’avoir un rapport de force à l’assemblée pour maîtriser les affaires nationales, notamment de sortir du cadre de la démocratie pour pouvoir remporter facilement les prochaines élections. « Quoi qu’en dise, l’Etat est engagé d’une manière ou d’une autre dans le remboursement des prix de ces véhicules. Mais ces tout-terrains ne sont pas les seuls exemples de la dilapidation de l’argent public par ce régime. Qu’est-ce que ces voyages à l’extérieur du président ont apporté pour le développement du pays?» a-t-il conclu. Selon lui, en tant que défenseur de l’intérêt du peuple, les parlementaires ne devraient pas bénéficier d’un tel privilège.

A noter que les débats liés à dotation de véhicules 4×4 sont apparus depuis 1993. Celles-ci étant considérées comme une nécessité pour les députés dans l’exercice de leurs fonctions, en particulier, dans les zones reculées. Dans beaucoup de localités, les autorités locales s’en servent pour les évacuations d’urgence ou pour la poursuite des dahalo, les voleurs de zébus.



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