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Droit de vote : La diaspora est laissée dans l’incertitude

membre du gouvernement forum diaspora
Quelques membres du gouvernement lors du Forum de la Diaspora Malagasy. (©Mamy Randrianasolo / lactualite.mg)
Par le 27 octobre 2017 à 07:22

Le droit de vote de la diaspora a été soulevé à de nombreuses reprises. Mais jusqu’ici, les 200 000 émigrés demeurent dans l’incertitude.

Avec la mise en place d’une direction de la Diaspora au sein du ministère des Affaires étrangères, l’institution d’un ministère en charge de la diaspora souhaitée par les Malgaches résidant à l’étranger a été en quelque sorte réalisée. Pour ce qui est du droit de vote promis par les régimes qui se sont succédé, ce droit universel est remis sur la table durant ce premier forum de la diaspora.

Certes, leur influence sur le vote n’est pas considérable, sauf si le vote est très serré, mais dans un pays qui se targue d’être démocratique, ce droit de vote est jugé déterminant dans la participation de tous à la direction des affaires publiques (cf. article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme). « Le président de la République a dit que tous les citoyens malagasy sont égaux, alors la loi sur le droit de vote de la diaspora devrait être adoptée. Imaginez ! Un ressortissant malagasy n’exerce pas ce droit durant plus de 20 ans puisqu’il n’a pas la nationalité de son pays d’accueil »,  a regretté Vaniala Raharinirina, présidente d’une association œuvrant dans les actions sociales à Madagascar et résidant en France depuis 15 ans. Pour ce faire, le vote électronique, jugé plus pratique et moins couteux, et pratiqué dans de nombreux pays, a toujours été évoqué.

Fruit de luttes intenses

Dans beaucoup de pays africains, le droit de vote de la diaspora est le fruit de luttes intenses de la diaspora elle-même, ou des partis politiques, sinon de la société civile. A Madagascar, depuis quelque temps, le groupement du patronat malagasy ou le FIVPAMA milite pour le droit de vote de la diaspora, en vue de leur contribution à la croissance économique. Mais le chef de l’Etat, interrogé par les journalistes, n’a ni confirmé ni infirmé l’intention du régime en place d’aller dans ce sens. «Les débats ont déjà eu lieu. Le régime en place ne s’y oppose pas du tout, mais cela résulte d’un dialogue » s’est-il contenté de dire. Lors de son déplacement en France au mois d’avril de cette année, ce dernier a promis d’étudier cette question en termes de faisabilité.

Intérêts politiques

Aujourd’hui, plus de 28 pays africains tels que l’Afrique du Sud, la Namibie, le Soudan ou encore le Mali, accordent ce droit universel à leurs ressortissants vivant à l’étranger. Dans ces pays, l’adoption d’une loi pour ce droit de vote est souvent née des intérêts politiques. En effet, selon les analystes, accorder le droit de vote à la diaspora à travers les ambassades à l’étranger, permets d’associer effectivement la diaspora à la conduite des affaires nationales, et donc au développement socio-économique.

Plus la diaspora est organisée, mieux elle s’engage et arrive à influencer la politique. Une manière également d’inciter les expatriés à investir dans leurs pays. A l’approche de l’échéance électorale de 2018, le régime pourrait-il se résoudre accorder le droit de vote à la diaspora, ne serait-ce que pour faire un clin d’œil à celle-ci ?



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