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Iavoloha : Les ripostes n’ont pas tardé

iavoloha
Par le 18 septembre 2017 à 18:06

Les explications données par le président de la République sur l’intention du régime de réviser la constitution à l’occasion du déjeuner de presse organisé à Iavoloha n’ont pas apaisé les soupçons. Nombreux observateurs politiques doutent de plus en plus la bonne foi du chef de l’Etat.

Constitution bancale ?

Le chef de l’Etat a jugé insuffisant le délai de 60 jours pour l’organisation de la présidentielle, un scrutin à deux tours. Pour l’analyste politique Toavina Ralambomahay, ces  arguments du chef de l’Etat ne tiennent pas routes. Ce dernier reconnait que la constitution (qu’il a d’ailleurs contestée en 2010) présente nombreuses imperfections. Selon lui, la Constitution en vigueur est bancale avec deux articles confus : l’article 55 aliénas 5 et l’article 161 ou encore l’article 84 qui a suscité des débats avant la présidentielle de 2013. Pour ce qui en est de la modification concernant les fokontany, d’après ses dires, si le fokontany était aussi important aux yeux des tenants du pouvoir, ils auraient dû le faire avant les communales. Concernant le calendrier, selon lui, le chef de l’Etat n’a rien à avoir avec cette question, il en fait un prétexte. C’est en fait de la responsabilité du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) «qui figure d’ailleurs parmi ceux qui ont fait adopter cette constitution durant la Transition».

Droit de réplique

L’auteur de l’ouvrage «La loi sur le statut de l’opposition : un mal nécessaire » qui est plutôt en faveur des provinces et les régions autonomes est allé jusqu’à demander un droit de réplique pour l’opposition. L’idée est ainsi à ce que les tenants du pouvoir et les opposants débattent des questions importantes de la vie nationale, dont les imperfections de la Constitution de 2010 ou le statut des fokontany, comme la loi sur l’opposition le prescrit.

Manœuvre dilatoire

La plateforme Vovonana Mampiray à travers Julien Radanoara affirme qu’il est possible de publier les résultats des scrutins en cinq jours en misant sur les hautes technologies ou sur les téléphones satellitaires. Quant à l’aspect ambivalent des fokontany, base de développement et circonscription administrative, il argue sur la décentralisation effective. Comme nombreux politiciens, ce qui lui étonne c’est l’opportunité de cette intention de réviser la constitution. Lui regrette que les dirigeants ne se rendent compte des failles de la Constitution que maintenant. « Est-ce que nos dirigeants ne lisent pas la Constitution? Pourquoi on songe à cette révision que maintenant? Les dirigeants africains procèdent souvent à la révision de la constitution de leur pays pour pouvoir rester plus longtemps au pouvoir » a-t-il tonné. Il y voit une manœuvre dilatoire pour reporter la date des élections prévues en 2018.



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