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Révision de la Constitution: la tension est à son comble

Hery Rajaonarimampianina
Le président de la République, Hery Rajaonarimampianina au cours de son émission « Fotoam-bita »
Par le 23 octobre 2017 à 22:45

L’étau se resserre autour de la tenue d’un référendum constitutionnel. Les prorévisionnistes et les antirévisionnistes se lancent dans un véritable ping-pong de déclarations politiques.

Malgré la désapprobation générale suscitée par l’annonce d’une révision de la Constitution, le régime HVM ne lâche pas prise. Au cours de son émission « Fotoam-bita » diffusée sur Youtube, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina a tenu à enfoncer le clou toujours en mettant l’accent sur le fameux article 47 de la Constitution sur le calendrier électoral en arguant sur l’impératif de stabilité politique.

Pour cela, il entend faire valoir ses droits en tant qu’élu du peuple malgache et garant de la continuité et de l’unité nationale. “Notre leitmotiv est d’organiser des élections transparentes, libres et acceptées par tous. Tous sont d’accord à propos des failles de la constitution actuelle, et ce, depuis 2010. C’est notre première expérience en matière d’application de cet article 47. Il a fallu au moins 11 semaines pour l’organisation des élections en 1992, 1996 et en 2002 » a-t-il affirmé. Pour lui, il faut toujours être sur ses gardes vu le monde politique actuel où certains cherchent toujours à déstabiliser le pays. Le Premier ministre, histoire de privilégier les débats, a invité les forces vives de la nation pour un grand débat national ce vendredi 27 octobre 2017 à l’hôtel Carlton à Anosy.

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La réaction du Parti Libéral Démocrate

Les réactions des politiciens n’ont pas tardé. Ce lundi 23 octobre 2017, Saraha Georget Rabeharisoa, la présidente nationale du Parti Libéral démocrate (PLD) et non moins ex-candidate à la présidentielle de 2013, a réitéré que la tenue de référendum constitutionnel à l’approche de l’échéance électorale est inopportune. En effet, celle-ci a été toujours source d’instabilité politique. Aussi, celle-ci nécessite de mûres réflexions. Pour elle, le calendrier électoral devrait être maintenu en application de la loi en vigueur actuelle et sauf en cas de réélection, le président actuel ne devrait plus être à la tête du pays en janvier 2019.

«Une révision de la constitution devait avoir lieu en 2014, mais rien n’a été fait » a-t-elle fustigé. A entendre les explications de ce numéro un du PLD, les dirigeants actuels devraient se concentrer sur les vraies priorités du pays et de la population. Et elle n’y est pas allée par quatre chemins pour soulever la démission de l’équipe du régime actuel y compris le président de la République s’ils n’arrivent pas à diriger le pays.

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« Non au referendum avant la présidentielle », martele le KMF/CNOE

Pour leur part, les membres de la société civile entendent également mettre la pression. Dans ce sens, une pétition en ligne a été lancée par le Comité Nationale d’Observation Electorale ou KMF/CNOE depuis une semaine. Comme ses pairs au sein du Sefafi ou encore du mouvement Rohi, cette entité martèle que la révision de la Constitution met en danger l’avenir du pays. «Un projet de révision de Constitution nécessite un grand débat au fond alors que nous n’avons plus assez de temps pour le faire», a fait remarquer Elibin Tokiniaina, vice-président national chargé de l’Observation de la Vie publique et de la Communication du KMF/CNOE. Il n’exclut pas l’existence d’éventuels calculs politiques, derrière la tenue d’un référendum constitutionnel. Selon lui, l’article 46 sur la démission du président en exercice candidat à sa propre succession est pour remédier aux abus de pouvoir durant les élections et donc, afin de garantir l’égalité des chances des candidats.

Concernant l’inscription des fokontany dans la liste des CTD, il doute que la décentralisation à quatre niveaux (fokontany, communes, régions, provinces) soit efficace pour le développement, ne serait-ce qu’à propos de la répartition de ressources entre les collectivités et l’Etat central.



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