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Deuxième vague de la Covid 19 à Madagascar : Le SEFAFI dénonce le manque d’anticipation de l’Etat

| 25 avril 2021 à 20:29 | mis à jour le 25 avril 2021 à 20:32 | Politique
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Manque d’anticipation en qui concerne la deuxième vague de la pandémie, mais aussi violation de la Constitution et des Droits de l’Homme, ce sont les accusations portées par le SEFAFI à l’encontre de l’Etat.

Dans un communiqué en date du 23 avril 2021 intitulé « la Covid 19, fossoyeur de la démocratie ? », le SEFAFI, l’Observatoire de la vie publique malgache accuse l’Etat de ne pas avoir anticipé la situation sanitaire actuelle alors que « l’irruption et la force de la deuxième vague de la pandémie étaient mesurables et prévisibles ». Ainsi, selon toujours cet Observatoire,  l’Etat aurait dû « se préparer au pire dès la relative accalmie qui a conduit à la levée de l’état d’urgence sanitaire, le 18 octobre 2020, et pour cela, renforcer les mesures de précaution, recruter et former du personnel médical et paramédical en masse, équiper les hôpitaux, informer et éduquer les citoyens »

Parmi ces mesures que l’Etat aurait dû prendre, la fermeture des frontières ou, au moins, davantage de rigueur dans l’application des mesures car selon le SEFAFI « ce laxisme, ces  petites entorses aux règlements et protocoles sanitaires, nous les payons aujourd’hui au prix fort ». Autre conséquence de ce manque d’anticipation, la pénurie actuelle d’oxygène alors que l’Etat aurait pu « subventionner  les entreprises de fabrication d’oxygène ou investi dans des structures additionnelles »

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Ce manque d’anticipation a entrainé le décès d’un « nombre considérable de personnalités de la société civile, de professeurs d’université, de journalistes, d’intellectuels et de techniciens de tous bords qui étaient des piliers de la société », disparition qui laisse « un vide difficile à combler, alors que les compétences sont de moins en moins nombreuses et que la relève peine à arriver ».

Non-respect des droits fondamentaux

Autre manquement dénoncé par le SEFAFI mais cette fois-ci dans le domaine de la gestion politique de cette deuxième vague, le non-respect de la Constitution, notamment l’inexistence de l’encadrement juridique de cette situation d’urgence sanitaire. Ainsi, selon le SEFAFI, « si la constitution en son article 61 exige que la situation d’exception soit encadrée par une loi organique, nos dirigeants se réfèrent à la loi liberticide N°91-011 du 18 juillet 1991 qui n’a plus rien à voir avec le contexte actuel et qui n’est pas une loi organique ». L’Etat aurait dû donc actualiser ce cadre juridique pendant l’année écoulée.

Enfin, cet Observatoire de la vie publique a également dénoncé la décision interministérielle du 22 avril 2021 interdisant pour toute la durée de l’état d’urgence sanitaire, toute manifestation publique et émission radiophonique et audiovisuelle susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publics. Une interdiction qui constitue un violations des droits de l’Homme, « entérinée par la Constitution malgache, et particulièrement des articles suivants : Article 18. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience (…) Article 19. Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression », selon le SEFAFI qui en appelle à la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) et au Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit (HCDDED).

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