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Election Madagascar – « La rue et ses violences ne sont pas une option », d’après l’UE

Cristian Preda
Aucun incident majeur n’a été constaté par ces observateurs de l’Union européenne.
Par le 21 décembre 2018 à 17:02 - mis à jour le 21 décembre 2018 à 17:24

En réponse à ceux qui éventuellement auraient la velléité de ne pas se soumettre au verdict des urnes, la MOE UE et la délégation du Parlement européen soulignent que les voies légales doivent être la seule alternative possible.

« La voie légale est la seule option pour contester un résultat, la rue et ses violences ne peuvent pas être une option », c’est la déclaration de Lidia Geringer de Oedenberg chef de la délégation du Parlement européen intégrée à la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE). Pour autant, la MOE UE, lors d’une conférence de presse  portant sur sa déclaration préliminaire sur l’observation du second tour l’élection présidentielle, a souligné que « l’élection présidentielle du 19 décembre s’est caractérisée par une participation pacifique de l’électorat malgache et par une amélioration générale du scrutin ».

Cristian Preda, le chef des observateurs de la MOE UE a rappelé aux deux candidats l’importance d’accueillir les résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle dans le calme et l’apaisement. Tout comme l’a fait la délégation du Parlement européen, la MOE UE les appelle également à « utiliser uniquement les voies légales qui s’offrent à eux pour toute contestation ».

Pour en revenir à cette déclaration préliminaire, elle ne contient que les premières conclusions de l’observation du second tour de l’élection. Par ailleurs, la MOE UE restera à Madagascar jusqu’à la proclamation des résultats définitifs par la Haute Cour Constitutionnelle et publiera ultérieurement un rapport final comprenant une analyse complète du processus et des recommandations pour les élections futures.

Les principales conclusions de la MOE UE

Les opérations de vote ont été menées dans un climat tout aussi calme qu’au premier tour, sans incident majeurs, mais mobilisant moins d’électeurs. Les autorités ont respecté la neutralité telle que demandée par le gouvernement et les forces de l’ordre ont sécurisé le processus avant, pendant et après l’élection.

La campagne électorale s’est caractérisée par plus de contenus et messages ciblés reprenant et expliquant les programmes des deux candidats. La stratégie de campagne a favorisé les contacts de proximité et le porte-à-porte. La Mission a constaté le respect du silence électoral dans les 21 régions qu’elle a couvertes.

La Mission souligne encore l’absence de règlementation du plafonnement de financement de la campagne et rappelle que les délais de recours sont jugés trop courts.

La Mission félicite la CENI d’avoir conduit un audit indépendant de son logiciel de traitement des résultats en présence des représentants des candidats. La restitution publique de cet audit a constitué un nouveau gage de confiance en la volonté de la CENI de publier des résultats fiables.

Cinq paramètres ont amélioré et facilité la conduite des opérations de vote et de dépouillement, à savoir : (i) le fort taux de distribution des cartes d’électeur avant la date du scrutin, (ii) l’autorisation aux électeurs à voter si en possession d’une pièce d’identité et inscrits sur la liste électorale, (iii) l’expérience cumulée par les membres de bureaux de vote et les électeurs, (iv) le renforcement des capacités, et enfin (v) un processus simplifié, notamment pour le dépouillement, avec seulement deux candidats.

La phase de dépouillement, point jugé le moins maitrisé au premier tour, a cette fois été mieux appréhendée, même si de nouveau la Mission regrette que les procès-verbaux n’aient été affichés que dans deux cas sur cinq.

La Mission relève que la quasi-totalité des 119 sections de recensement matériel des votes (SRMV) poursuivent leurs travaux au moment de la publication de cette déclaration préliminaire et appelle la CENI à garder le même esprit de transparence dans l’observation des SRMV.

La Mission reconnait les efforts de communication de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) concernant la compilation des résultats du premier tour et la publication de ces derniers bureaux de vote par bureau de vote. Constatant que la HCC améliore ses procédures de ramassage des plis électoraux pour réduire les délais de traitement, la Mission encourage la Cour à poursuivre ses travaux dans l’esprit des lois.

Pendant la campagne du second tour, les médias audiovisuels publics ont couvert d’une manière égale les deux candidats conformément aux calendriers et dispositions de la CENI. Quant à la couverture des médias privés, elle a été partiale.



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