Mariage de mineurs : Un taux de prévalence de 21,2% fixé pour 2024

Publié par le 21 novembre 2017 à 11:26
mariage precoce
Le message de cette jeune fille qui a participé à la validation de la stratégie nationale de lutte contre le mariage des enfants est on ne peut plus claire.

La perspective d’un taux de prévalence national de 21,2% au lieu de 41,2% a été fixée par la nouvelle stratégie nationale fraîchement validée.

L’hôtel le Paon d’Or à Antanetibe Ivato, a été le théâtre d’un évènement marquant pour le pays. Une stratégie nationale de lutte contre le mariage des mineurs y a été adoptée. Une grande avancée qui entend faire de Madagascar un pays où les familles et les communautés adoptent des comportements qui repoussent le mariage des enfants.

Fruit d’un travail de longue haleine et de concertation entre le ministère de la population, de la protection sociale et de promotion de la femme, les ministères sectoriels clés et les divers partenaires techniques et financiers, la stratégie nationale fait suite à la campagne lancée par l’Union Africaine sur le mariage des enfants en 2015.

A cet effet, elle envisage d’éviter toutes les formes de conséquences néfastes du mariage précoce tel que les grossesses précoces qui nuisent profondément à l’avenir des jeunes filles des différentes régions de l’île. Ce qui devrait se manifester par la réduction de moitié du taux de prévalence du fléau. Soit de 41,2% à 20,1% d’ici 2024

Taux de prévalence par région

Au niveau national, le taux de prévalence moyen est de 41,2%. Ce qui est élevé lorsque l’on pense aux nombreuses filles de moins de 18 ans qui doivent déjà faire face aux difficultés que le mariage précoce peut engendrer.

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Les données de l’Unicef démontrent que les taux diffèrent d’une région à l’autre, et que la région du Melaky détient le record avec 63,6% des cas. La région Atsimo Atsinanana est la suivante sur la liste avec 59,8% de taux de prévalence. Menabe se trouve en troisième position en affichant 58,4%. Toujours les mêmes données détaillent qu’IIhorombe est à 58,1%, Atsimo Andrefana à 56%, Sofia à 55,8%, Androy à 55,3%, Anosy à 54,1%, Betsiboka à 50,5%, Bongolava à 48,4% et Analanjirofo à 46,6% .

Mariage des mineurs : quelles conséquences ?

Il s’agit de situations dramatiques qui privent des milliers de jeunes filles de leurs droits. Notamment, celui de l’éducation. Le mariage précoce les contraint également à des violences morales, physiques, sexuelles et psychologiques qui les marqueront à jamais. Outre ces faits, la violation des autres droits et l’isolement de l’accès à l’éducation et à l’épanouissement constituent également des conséquences néfastes sur le mariage des mineurs.

Pistes de solutions

La conscientisation de tout un chacun sur les méfaits du mariage précoce des mineurs se trouve être la première solution au fléau. Et dans cette optique, deux régions du Nord de l’Ile, celles de Diana et de Sofia, se démarquent. “ Un dinam-paritra “ (deal) a été mis en place pour dénoncer les cas de mariage de mineurs.

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C’est la société qui dénonce les cas observés auprès des responsables des fokontany “ a expliqué Jean-Claude Velomanana, directeur interrégional de la communication et des relations avec les institutions de Diana et Sofia. Et ce dernier d’ajouter : “ Les responsables auprès des fokontany prennent à leur tour les décisions correspondant à chaque cas. Au cas où le problème n’est pas résolu auprès des autorités judiciaires et policières compétentes ”. Jean Claude Velomanana de noter toutefois que le taux de prévalence a considérablement diminué dans les deux régions depuis la mise en oeuvre de ce Dinam-paritra.

Le mariage des mineurs étant encore très présent dans de nombreuses régions de la Grande-Île, une prise de responsabilité de tout un chacun est de mise. L’avenir de milliers de jeunes adolescentes en dépend.

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