Développement : savoir gérer les dettes extérieures est vital

Publié par le 8 décembre 2017 à 14:55 - mis à jour le 8 décembre 2017 à 21:31
Serge Zafimahova
Serge Zafimahova appelle à la bonne gestion des financements extérieurs

A l’instar du Japon ou de la France, nombreux sont les pays qui ont démarré à partir des dettes extérieures. Force est, toutefois, de constater qu’à Madagascar, il n’y a pas de vision claire en la matière.

« Certes, nous ne pouvons pas nous passer des bailleurs de fonds. En fait, 70% du budget de l’Etat est financé par les aides extérieures. Ces dernières fournissent 90% des PIB. Mais cela n’empêche que nous ayons une bonne vision concernant les dettes », a soutenu Serge Zafimahova, membre du Club Développement et Ethique (CDE) face à l’endettement à outrance dont Madagascar fait l’objet. Cet homme politique trouve que ces emprunts n’impactent aucunement d’une manière positive sur le développement du pays.

Serge Zafimahova a annoncé cela en marge d’une conférence tenue ce jeudi 7 décembre à Ivandry sur le thème : « Les enjeux d’équité, de croissance et de développement, les exemples d’interpénétration de la dette, du secteur énergétique et du secteur minier ».

Par ailleurs, il a rappelé que le pays s’est engagé pour un prêt de plus de six milliards de dollars lors de la Conférence des bailleurs et des investisseurs (CBI) de Paris. Pourtant, en fin 2016, les dettes du pays s’élevaient déjà à 3,900 milliards de dollars, soit 39,64% du PIB. En mars 2017, un accord de principe de 30 milliards de dollars a été également conclu en Chine.

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Efficacité des dettes

Mais selon ce spécialiste, la dette en soi n’est pas mauvaise. Il faut juste savoir prioriser les secteurs importants tels que l’éducation, la santé publique, l’insécurité ainsi que les infrastructures.

La maîtrise de la modélisation économique est capitale pour l’efficacité des endettements. « La priorisation devrait être clair d’où le lien entre l’énergie et le secteur minier. Le pays compte injecter un fonds de plus de 4 milliards de dollars – qui sont des emprunts – dans le secteur de l’énergie et des projets sont déjà identifiés pour deux milliards de dollars. Pourquoi ne pas miser sur la transformation de nos matières premières utilisées pour la fabrication des panneaux solaires et éoliennes. Cela, afin de palier à notre indépendance énergétique. Mais au lieu de ça, nous nous sommes penchés sur le charbon à Sakoa et le gaz naturel à Sakaraha ? », a-t-il avancé.

Mauvaise gouvernance

En tout cas, Serge Zafimahova constate que la mauvaise gouvernance est l’un des blocages de l’efficacité des endettements extérieurs à Madagascar. A son avis, à Madagascar, comme dans nombreux pays africains d’ailleurs, les opérations de remises et d’effacements de dettes sont d’une opacité totale. La gestion ne se fait pas de manière transparente. D’après ses dires, les ressources issues des prêts ne sont déposés ni au niveau de la Banque Centrale, ni au niveau du Trésor. « Mais il faut également reconnaître qu’il y a un problème de capacité de négociation avec les bailleurs de fonds. Notre pays ne fait que se soumettre aux pays étrangers, car contrairement à ces derniers, nos intérêts ne sont pas clairement définis » estime t-il.

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