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Apple-Epic Games : vers un procès à des milliards de dollars

| 4 mai 2021 à 21:25 | High Tech
Epic Games

C’est hier, lundi 3 mai que s’est ouvert l’un des procès les plus médiatisés de tous les temps. Et cette fois-ci, pas questions de simple fait-divers, mais bien d’une affaire économique de grande ampleur. Ce procès, c’est bien évidemment celui qui oppose Apple à Epic Games. Au cœur de cet imbroglio, Fortnite et ses millions de joueurs, Apple et sa position dominante sur le sujet. Le point sur la question.

 C’est un procès dont les conséquences vont bien au-delà des simples intérêts de chaque entreprise. 8 mois après le début des hostilités, cette semaine s’annonce cruciale. Pour l’éditeur de Fortnite, « c’est l’avenir des plateformes mobiles qui entre en jeu » rapporte Tim Sweeney, le fondateur d’Epic Games.

Pourquoi cette situation ?

Revenons 9 mois en arrière. À cette époque, Epic trouvait qu’Apple en demandait trop à chaque fois qu’une transaction avait lieu sur sa plateforme d’applications App Store. Effectivement quand une personne achetait un jeu sur ce magasin, la firme de Cupertino récupérait 30% de commission.

Pour le team Fortnite, il s’agit là ni plus ni moins que d’un abus de position dominante sur le marché. Ceux à quoi la marque à la pomme a répliqué en enlevant purement et simplement Fortnite de l’Appstore. Pour Epic Games, il est malheureux que les utilisateurs ne puissent avoir accès aux applications que sur l’App Store. Un magasin qui impose aussi directement le système de paiement d’Apple. Pour les développeurs, l’App Store devient alors un passage « obligé »  pour atteindre les utilisateurs d’Iphone et d’Ipad.

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Prtenons le cas qui a fait réagir Epic Games : quand un joueur de Fortnite achète un nouveau skin, une nouvelle arme dans le jeu, automatiquement, Apple perçoit 30% de commission sur ces transactions ! Pour Epic, ce sont des sommes qui peuvent financer son développement qui sont détournées de la sorte.

Epic n’est pas seul dans l’histoire

Ce front ouvert par Epic est loin d’être le seul. Effectivement, depuis quelque temps maintenant, c’est le modèle économique du magasin d’Apple qui est dans le viseur de la Commission européenne. D’ailleurs ce dernier a lancé une plainte contre Apple à la suite d’une plainte lancée par Spotify.

Le schéma est en tout point identique à celui d’Epic Games. La firme suédoise estime qu’Apple tire parti de l’App Store pour mettre en place une concurrence déloyale entre cette dernière et les services concurrents. Pour sa défense, Apple explique que les fonds récoltés de la sorte servent à améliorer les services sur l’App Store. Mais en même temps de garder un niveau de standing élevé. La firme soulève également les emplois générés par sa plateforme.

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Un procès qui pourrait contraindre Apple à revoir son modèle économique ?

Pour Epic, c’est un procès à enjeux multiples. Tout d’abord en tant qu’éditeur. Mais pas de n’importe quoi, puisqu’il est question ici de Fortnite et de ses milliards de dollars de revenus ! Epic distribue sur différentes plateformes, dont l’App Store. D’ailleurs c’est le fait de devoir payer ces 30% sur App Store qui leurs font grincer des dents.

Ensuite, parce qu’Epic possède aussi sa propre plateforme de distribution. Il prend également des commissions sur les transactions qui y ont lieu, mais à des proportions beaucoup moins importantes que les 30% d’Apple.

Est-ce qu’il est question de monopole ?

C’est la première question à laquelle les juges vont tenter de répondre. Selon un professeur d’économie à l’Ecole des Mines de Paris, c’est la première chose à éclaircir. Car pour qu’il y ait monopole, il faut être un monopole. C’est un procès à enjeu, car il pourrait contraindre Apple à revoir toute sa politique économique. Et par effet boule de neige, ce sera au tour de toutes les autres plateformes dominantes de faire pareil.

Pour les Big Tech, les géants du numérique, ce procès est vital. En effet, la plupart d’entre eux sont dans le viseur des autorités du monde entier. « Aux États-Unis, à travers les affaires antitrust, en Europe, qui a déjà condamné Google à plusieurs reprises, et en Chine, où la branche financière d'Alibaba a été condamnée pour abus de position dominante. Le très grand est devenu trop grand. Les politiques veulent reprendre les choses en main ». Rajoute ce professeur.

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