publicite lactualite

Difficile transformation du secteur agricole

agriculture
Par le 8 septembre 2017 à 16:56 - mis à jour le 8 septembre 2017 à 16:57

Madagascar est un pays à vocation agricole à plus d’un titre avec près de 80% de la population vivant directement de la terre. Malgré cela, le pays est encore loin de ce qu’est l’autosuffisance alimentaire, faute d’une économie de subsistance prédominant dans les campagnes malgaches.

Importation de riz

Madagascar a toujours été un pays plein de paradoxes. Le plus connu est sans aucun doute le fait que sa population figurant parmi les plus pauvres du monde, vive sur une terre gorgée de richesses, notamment minières. Un autre paradoxe moins relayé concerne l’agriculture. Employant 86% de la population, le secteur agricole ne contribue que timidement au produit intérieur brute (PIB) du pays avec une part oscillant aux alentours de 30%, plus importante que l’industrie – certes – mais loin derrière les services.

Le constat est que l’agriculture malgache est restée figée dans le temps. Symbole de cet immobilisme la riziculture qui peine à satisfaire les besoins de la population dont l’aliment de base est pourtant le riz. Résultat, le pays continue d’en importer chaque année et le prix de cet aliment ne cesse d’augmenter.

Rice belt ?

Comment s’explique cette situation ? Un agronome de la Chambre d’agriculture y est d’aller de son analyse en indiquant que dans l’état actuel des choses, il est difficile de transformer le monde rural à Madagascar. Il fait notamment allusion aux tailles des exploitations agricoles dans le pays. L’une des caractéristiques du secteur agricole malgache est la fragmentation des exploitations agricoles avec une superficie physique moyenne qui est passée de 1.2 à 0.8 ha de 1984 à 2004.

D’après l’agronome, cette situation rend difficile l’investissement dans le secteur. En effet, pour qu’un investissement soit rentable, il faut que cela se fasse sur de grandes surfaces. Il a ainsi parlé de « belt » ou ceinture, à la manière des exploitations céréalières aux Etats-Unis. Pour cela, il est d’avis que le nombre d’exploitants diminue. Cela permettrait à ces derniers de gagner en envergure et à leurs exploitations d’être plus faciles à développer au travers d’injection de fonds selon le principe de l’économie d’échelle.

Le « tanindrazana »

Seulement, le problème d’après lui c’est que cela sous-entend que des terres soient vendues. Cela est pourtant impensable pour beaucoup de Malgaches qui ont une relation viscérale avec leurs terres, le Tanindrazana (terre des ancêtres). Ainsi, nombreux sont les petits exploitants qui malgré une perte d’exploitation avérée pour beaucoup, continuent de s’accrocher à leur lopin. Bien entendu, la création de belt doit prévoir plusieurs mesures d’accompagnement comme la création d’un statut de travailleurs agricoles pour les anciens exploitants devenus salariés, avance l’agronome.



Étiquettes :
Ajouter commentaire

  1. VEAUX-MANNONI ÉRIC dit :

    Vous croyez que si les petits propriétaires vendaient leurs terres, ils seraient rétribués à leur juste mesure. Ils seraient écrasés et laissés sur le bord des rizières à glaner quelques grains de riz perdus. Et vous pensez que si des grands groupes s’accaparaient leurs terrains, le riz serait meilleur marché. Avec le monopole vous faites la pluie et le beau temps. Il faut plutôt aider les petits propriétaires malgaches à s’agrandir, se regroupés en coopératives et à les accompagner dans le domaine économique. Madagascar est riche d’une jeunesse qui n’as pas peur du labeur. Il suffit juste de les guider un peu. Madagascar doit traiter d’égal à égal commercialement avec ses partenaires étrangers.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *