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Filière sucrière : retour à l’autoconsommation

Les deux usines malgaches produisent ensemble 96 000 tonnes par an.
Par le 14 décembre 2017 à 03:05 - mis à jour le 14 décembre 2017 à 03:15

Madagascar réduit son exportation de sucre afin de combler le marché intérieur. Un gap de 100.000 tonnes par an est à encombrer.

Marche arrière. Alors que le secteur agroalimentaire cherche tant à acquérir le marché extérieur, la filière sucre va dans le sens inverse. Cette année, le Centre malgache de la canne et du sucre (CMCS) réduit de 42% son exportation de sucre. Elle est passée de 20 500 tonnes en 2016 à 8 500 tonnes cette année.

Cette chute de l’exportation s’explique par la tendance à la baisse des prix du sucre sur le marché international, mais aussi à cause de la demande élevée du marché locale. Il est à noter que la production sucrière malgache reste toujours faible, et table à 96 000 tonnes, émanant des deux usines de transformation que sont Ambilobe et Namakia. Celle de Morondava étant en suspens à cause de l’émeute survenue en 2015.

De 500 à 300 dollars la tonne

« Notre production de cette année a été surtout orientée vers le marché local. Le prix sur le marché extérieur n’est plus en sa faveur, faute de concurrence. Auparavant, notre sucre a été négocié à 500 dollars la tonne, soit 1 600 000 ariary selon l’accord ACP-UE (Afrique Caraïbe Pacifique-Union Européenne). Aujourd’hui, ceci n’est plus que 300 dollars ou 960 000 ariary. Par ailleurs, nous avons constaté un déséquilibre entre l’offre de 96 000 tonnes, et la demande, de 191 000 tonnes, du marché local, soit un gap de presque 100 000 tonnes », note Tantely Rakotonoely, chef de division Information et observatoire du sucre au sein du CMCS, dans le cadre de la journée porte ouverte de l’Institut national de la statistique (Instat), ce 13 décembre.

La capacité de production est dépassée

Pour combler le gap, mise à part l’injection d’une partie de l’exportation sur le marché intérieur, le Centre recours également à l’importation de sucre, dont les 50%, du Brésil. Cette année, le volume d’importation avoisine les 100.000 tonnes au lieu de 130.000 tonnes en 2016. Malgré cette baisse, l’offre en sucre sur le marché local dépasse, cette fois-ci, la demande. C’est ce qui pourrait influencer la baisse actuelle des prix entre 2 600 ariary et 2 800 ariary le kilo contre de 3 200 ariary en 2016. La Grande île pourra toutefois, se passer de l’importation du sucre si les dirigeants s’investissaient dans l’extension des usines sucrières existantes.

La construction d’autres usines est de mise

Il est à savoir que les usines d’Ambilobe et de Namakia auraient déjà dépassés, chacune leur capacité de production, respectivement de 60 000 tonnes et 27 000 tonnes par an. La réhabilitation de l’usine de Morondava d’une capacité de production de 23 000 tonnes par an, pourra également booster la production locale.

Comme autre solution, il est également envisageable de faire construire des usines sucrières de taille moins importante. Cette possibilité a d’ailleurs été déjà discutée avec l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le développement industriel), à Mahatalaky Taolagnaro, Ifarantsa, dans la région d’Androy et à Mahajanga II.



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