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Théâtre – « Partage de Midi » : Transition du classique au moderne

Théâtre Plaza - Partage de midi
Par le 19 avril 2018 à 07:42 - mis à jour le 19 avril 2018 à 07:43

La pièce « Partage de Midi », jouée par une troupe de comédiens français, au Plaza Ampefiloha, a permis au public tananarivien de découvrir une forme inhabituelle de théâtre, tant par les verbes que les jeux des acteurs.

Essayer de comprendre une oeuvre du dramaturge, poète et essayiste français, Paul Claudel (1868-1955) avec la logique de l’entendement rationnel s’avère complexe, sinon quasi-impossible. L’échelonnement par degré de la compréhension ne suffit pas non plus. Il faut être capable d’atteindre l’illogisme de l’auteur pour saisir le sens de ses verbes et de ses poésies. Un cas avéré si l’on se réfère à la représentation de la pièce intitulée « Partage de Midi », par la troupe française « A Ciel Ouvert, les Justes Causes », dans le grand amphi Plaza Ampefiloha, hier soir.

À consulter au préalable le synopsis, l’on s’attend à une histoire simple où les intrigues sont axées autour des thèmes de « l’amour, la quête et le rencontre avec l’autre ». Pourtant, la réalité est tout autre puisqu’une fois les acteurs déchaînés, cette illusion s’estompe, laissant la place à la profondeur et à l’insaisissabilité des verbes juxtaposés de manières tant surréalistes qu’incompréhensibles, conjugués à leurs jeux singuliers. Le décor, délibérément choisi pour être le parcimonieux possible, ne pouvait, ou ne devait pas, constituer la force de la représentation.

De l’amour à l’échec

Pour résumer, les personnages, au nombre de quatre, pas plus – Messa (Emile Azzi), Ysé (Valentine Galey) ), Amalric (Côme Lesage) et De Ciz (Philippe Michel), se retrouvent sur un bateau traversant l’Océan Indien à destination de la Chine, « à la recherche d’un avenir meilleur, d’une place qu’ils n’ont pas trouvée ». Ysé, marié à De Ciz, n’est pas heureux avec son mari. Son ancien amant Amarlic, n’ayant jamais pu se reconstruire, après sa rupture avec Ysé, est resté célibataire et ne cesse de chanter les louanges de celle-ci pour tenter de la reconquérir. Mais, rebondissement ! Mesa, qui a voulu en vain devenir prêtre, a vu naître un amour passionnel avec Ysé. Ce qu’ils ont en partage : l’échec sentimental, familial et professionnel.

Le quatuor a assuré la vivacité de la représentation par leurs gestes prompts, imprévus et emphatiques, accompagnant des paroles aux sens difficilement intelligibles pour les non-initiés. Tournés le plus souvent vers les spectateurs que leurs interlocuteurs de scène, ils semblent s’adresser aux deux à la fois. Un style captant et retenant l’attention du public qui se voit de ce fait automatiquement impliqué dans le jeu. Les acteurs, impétueux, mus par leur ardeur, tant verbale que gestuels suent et postillonnent, rappelant ainsi un certain Jacques Brel.

À noter que cette soirée théâtrale au Plaza a vu la présence de personnalités étatiques, dont la Première dame, des représentants de différents ministères, des dirigeants d’entreprises, ainsi que ceux du corps diplomatique.


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