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Tourisme à Foulpointe : Fidèle Maharamby, un jeune guide fascinant

fort manda
Les vestiges du Fort Manda continuent toujours à attirer des visiteurs
Par le 28 mars 2018 à 14:22 - mis à jour le 28 mars 2018 à 14:23

Visiter le fort Manda de Foulpointe avec un guide, responsable des lieux, n’a certes rien de particulier. Mais quand le guide en question est un jeune garçon de treize ans qui s’y prend à l’instar d’un vrai professionnel, alors là, les faits revêtent une tout autre dimension.

Fidèle Maharamby, est un adolescent de Foulpointe, tout comme les autres, sauf qu’il se distingue de ceux-ci par sa capacité à assurer le guidage des visiteurs à travers les dédales du Fort Manda situé à proximité de cette ville. Un talent qui lui vient de son paternel, Fidèle, le guide attitré de ce site historique.

Dès votre arrivée devant le portail du Fort Manda, Fidèle Maharamby vous accueillera avec courtoisie et respect, se comportant tel un vrai adulte. Dans le premier vestibule, il commence sans ambages et sans hésitation son récit sur l’historique du Fort, usant des cartes de Madagascar et du monde pour situer ce qu’il va raconter, tant dans le temps que géographiquement. Aux faits historiques, il ajoutera des remarques pour rappeler aux visiteurs que ceux-ci ont été appris à l’école, avec des précisions sur la classe concernée.

Avec un calme et un sérieux déroutant, il raconte sans aucune hésitation les hauts faits historiques relatifs à Foulpointe au 19e siècle, avec bien entendu, des dates précises à l’appui, en les illustrant par des anecdotes agrémentées d’humours, tout en gardant le côté pince-sans-rire.

De père en fils

En vérité, ce n’est que quand son paternel, Fidèle, de la 7e génération des descendants d’un commandant de l’armée du roi de l’époque, et principal guide dans le fort Manda, ne peut pas aller au travail, que le jeune Fidèle Maharamby se substitue à lui pour exercer le métier de guide. Tout seul comme un grand, il présente allègrement les lieux, dont notamment les remparts épais de plusieurs mètres, pour prévenir les attaques ennemies venant de l’extérieur, que ce soit sur terre ou par la mer.

Entre autres, il vous retracera l’arrivée des Français par la mer, sur trois vaisseaux, sur les côtes, et le subterfuge employé par les Malgaches pour les repousser. « 500 autochtones ont été utilisés pour mettre en oeuvre la stratégie. Leurs postérieurs, dénudés ont été enduits de graisse et de suie, et ils ont marché à reculons, la tête baissée, depuis la berge, à la seule lumière du clair de lune. Les assaillants, apercevant ces énormes boules noires luisantes, ont été pris de paniques, croyant avoir affaire à des armes redoutables, et ont fini par rebrousser chemin », a-t-il narré, sans la moindre esquisse de sourire.

Et d’enchaîner par une autre anecdote d’une autre stratégie. «Quand les Français ont pour la première fois tenté de débarquer à Foulpointe, alors appelé Mahavelona, un certain Antemoro du nom de Moïse, ayant le pouvoir de maîtriser la foudre, a réussi à les dissuader, par l’invocation des tonnerres. Contre les fusils, il a appris aux assaillis un stratagème également spirituel consistant à crier « zavona » et « rano » ; signifiant brouillard et eau, pour disperser les balles des assaillants. Mais par la suite, un traître, soudoyé par ces derniers, a révélé le secret, pour rendre les fusils de nouveau efficaces. Pour ce faire, il fallait enduire, les crosses des fusils de graisse de sanglier et les faire passer plusieurs fois dans l’entrejambe pour dissiper la magie. Et c’est ainsi que les balles sont de nouveau devenues mortelles ».

Une maîtrise surprenante de l’histoire

Sinon, il vous parlera de la traite d’esclaves, et du commerce triangulaire entre l’Afrique, l’Angleterre et l’Amérique latine. « En ce temps là, à Madagascar, les Européens viennent au pays pour acheter des esclaves, et c’est à Moramanga qu’ils en ont trouvé à très bon marché. D’où la dénomination de Moramanga, se traduisant par « là où les hommes noirs sont bon marché »,

Sans oublier le récit de la première descente du roi Radama 1er vers les côtes pour aller voir la mer. « Avant de partir, Radama 1er a fait appel à 5000 personnes de tous statuts confondus, aussi bien des militaires que de simples citoyens. C’est à Nanisàna qu’il les a rassemblés pour les compter, et c’est ainsi que cet endroit a été baptisé « Nanisàna », c’est-à-dire, là où s’est tenu le comptage », a-t-il fait savoir. Arrivé à Tamatave, le roi a pris de l’eau de mer dans sa main pour la goûter, et s’est exclamé : « Toa masina (masina = salé) leiroa izy izany a ? ». D’où le nom de « Toamasina ».

A voir la dextérité de Fidèle Maharamby dans l’exercice de son travail, l’on ne peut que se rendre compte de la possibilité d’assurer l’avenir des jeunes par les formations professionnelles qui, au même titre que les études universitaires, font partie des moyens efficaces pour atteindre ce but.


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