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Symposium international : L’histoire de Madagascar, revue à la loupe

Dr Joseph Rasamimanana
Le Dr Joseph Rasamimanana, le premier savant malagasy.
Par le 22 novembre 2017 à 20:42 - mis à jour le 22 novembre 2017 à 20:45

Faisant depuis longtemps couler beaucoup d’encre et alimentant sans cesse bien des sujets de discussion, l’origine du peuple malagasy sera une fois de plus remise en exergue. Ce sera dans le cadre d’une manifestation à vocation historique et culturelle, le premier Symposium international d’Histoire, de Civilisation et de Culture à Madagascar.

Une quarantaine de savants nationaux et internationaux se concerteront au Centre de Conférences Internationales d’Ivato, les 28, 29 et 30 novembre dans le cadre du premier Symposium international qui sera axé sur l’histoire, la civilisation et la culture de la Grande Île et sur l’origine des Malagasy.

« Il s’agira d’une réflexion collective menée par des scientifiques compétents et reconnus par leurs pairs sur ce qui constitue les fondamentaux de l’histoire de Madagascar », ont fait savoir les organisateurs de l’événement.

D’ores et déjà, les chercheurs s’accordent à reconnaître que les premiers peuples qui ont débarqué sur la Grande Ile, sont d’origine austronésienne, notamment malayo-polynésienne, devenus plus tard les Malagasy. Des descendants des premiers navigateurs de la Planète, moyennant les repères stellaires pour entreprendre la première forme de mondialisation commerciale et économique à travers leurs pérégrinations maritimes.

Au CCI Ivato, du 28 au 30 novembre 2017, les visiteurs auront l’occasion d’entendre et de découvrir les preuves de ces assertions à travers les exposés, conjugués à une exposition intitulée « Arts premiers de Madagascar » dont l’accès sera complètement libre.

À noter que l’ensemble des conférences qui seront prononcées lors de ce premier Symposium International d’Histoire, de Civilisation et de Culture à Madagascar sera retransmis en direct, et dans son intégralité, à travers le monde, grâce à Orange Madagascar qui déploiera sa panoplie de haute technologie pour ce faire. Le point d’orgue de cet événement : un hommage au docteur Joseph Rasamimanana, considéré par le professeur Albert Rakoto Ratsimamanga comme étant le premier savant de Madagascar.

 

Quid du Dr Joseph Rasamimanana (1867-1935)

Né en 1867, le Dr Joseph Rasamimanana, issue d’une famille de la noblesse d’Ambohimalaza, est un savant, membre de l’Académie malagasy de 1912 à 1927. Il a été le premier à avoir découvert la propriété curarisante, c’est-à-dire toxique, de la tanghinine dont a été extrait les graines de tanguen, un poison ayant servi pour éprouver les suspectés du temps de la reine Ranavalona I, principalement les chrétiens qui ont abandonné les croyances ancestrales, pour jeter leur dévolu sur la foi chrétienne.

Envoyé en France par la reine, en vue d’embrasser une carrière militaire, moyennant une bourse octroyée par la Résidence générale de France, une fois sur les lieux, Joseph Rasamimanana a changé son choix pour intégrer l’école de la Santé militaire de Lyon où il a décroché en 1891 le diplôme de docteur en médecine, avec une thèse sur le tanguen qui l’a rendu célèbre.

Rentré à Madagascar, il fut, il va de soi, médecin de la reine et également premier enseignant de l’Ecole de médecine royale. Après l’annexion de Madagascar par la France, il fut désigné par le général Gallieni comme professeur à l’Ecole de médecine de Tananarive. Joseph Rasaminanana y enseigna les petites chirurgies, et a fait de nombreuses découvertes dont le traitement de la tumeur de la rate par injection de chlorhydrate de quinine. Cette nouvelle thérapie a permis de mettre fin à l’ablation de la rate, une opération délicate car à haut risque.

En reconnaissance de ses travaux humanitaires, sous le règne de la dynastie des Ranavalona, il a joui des 12 honneurs, un grade équivalant à celui de Général. Par ailleurs, après l’occupation, Joseph Rasaminanana s’est vu attribuer de nombreuses distinctions, à savoir la Légion d’honneur, la Croix de Mérite et la Croix d’Anjouan, par le gouvernement français. Il est à signaler qu’en plus de sa fonction de professeur-chirurgien, Joseph Rasamimanana a été médecin des prisons et soignait les déshérités.



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