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Politique culturelle : Un énorme chantier à entreprendre

dago festival
Par le 13 septembre 2017 à 18:34

 

Le groupement de jeunes acteurs culturels, DagoTeamZara, met le paquet. Dans le cadre du festival des arts actuels, Dago Festival, le collectif a réuni sur la même table trois grandes personnalités du domaine culturel malgache pour débattre sur la politique culturelle. Un sujet qu’on n’aborde pas très souvent.

Registre soutenu, débat consistant

« Politique culturelle » C’est l’essence de cette édition 2017 du festival des arts actuels Dago Festival, qui se tient depuis le début de ce mois jusqu’au 1er octobre. Parmi tant de festivités et de manifestations artistiques, le DagoTeamZara a organisé une conférence à laquelle des figures emblématiques du paysage culturel malgache ont pris part. Trois spécialistes, à savoir l’Enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo, Serge Henri Rodin, le Président du festival Madajazzcar et à la fois Président de l’association Amis du Patrimoine de Madagascar, Désiré Razafindrazaka ainsi que l’ingénieur culturel et sénior consultant Vahömbey Rabearison ont été les principaux intervenant. Ce qui dit déjà que le registre était soutenu, et le débat consistant.

L’opinion des conférenciers diverge

Bien que l’objectif soit le même, les opinions divergent. Chacun s’accordait à dire que nous devons garder notre repère culturel et faire en sorte que nos générations futures reçoivent de nous un grand héritage culturel qui les démarquera des autres. Tout le monde était d’accord, mais là n’était pas le débat. « Politique signifie fermer les richesses pour un petit cercle de personnes se croyant au-dessus de tout le monde. Je ne veux pas que la culture, et l’art en l’occurrence, soit la propriété d’une frange de pseudo-artistes », annonce ouvertement Serge Henri Rodin. A Madagascar, surtout pour ceux victimes des magouilles et de la corruption de ceux qui étaient au pouvoir, le mot politique a une très mauvaise connotation. « L’art et la culture sont synonymes de liberté. Les artistes agissent et créent selon leurs inspirations. La politique, c’est la répression. Vous ne trouvez pas que c’est contradictoire », s’exclame-t-il.

Question pécuniaire au cœur de l’exposée de Vahömbey

Quant à Vahömbey Rabearison, il hausse un peu le ton (sans pour autant se fâcher) quand on réduit la culture à l’art. Et il s’insurge encore plus quand on ramène ce mot infiniment grand à un simple loisir ou divertissement. « C’est justement parce que Madagascar n’a pas de véritable politique économique qu’on en est encore là. Nous ne savons pas vendre notre vrai atout, nous préférons spéculer sur des choses futiles », a-t-il dit. Au passage, il a profité de glisser que devenir Président de la République ne lui intéresse plus. Il préfère dorénavant le ministère de la Culture afin de mener les gros chantiers culturels.

Désiré Razafindrazaka a ajouté à tout cela que nous passons à côté d’une grande opportunité. En effet, vivre dans l’air du temps et notamment dans la mondialisation ne signifie pas oublier ses richesses culturelles. « Ce n’est pas parce que les Américains sont très avancés technologiquement qu’ils n’entretiennent pas leur culture. Ils restent ce qu’ils sont et influencent le monde », signale le Président de l’Association Amis du Patrimoine de Madagascar.



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